Webinaire « La Propriété industrielle, accélératrice de l’innovation et de l’accès au médicament »

La notion de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) en débat ! La Chambre de Commerce Suisse au Maroc (CCSM) a organisé le 17 mars dernier un webinaire sous le thème « Politiques RSE : Nouvelle approche de co-développement des entreprises ». Une occasion pour débattre des différents aspects de la RSE, délimiter son champ d’application et définir ses principaux axes.

 « Politiques RSE : Nouvelle approche de co-développement des entreprises ». Tel était le thème du webinaire organisé le 17 mars dernier en coordination avec l’Ambassade de Suisse au Maroc, la CGEM, Nestlé Maroc et Swisscontact. Christophe De Figueiredo, Président de la CCSM et Pierre-Yves Morrier, chef de mission adjoint et de coopération à l’Ambassade de Suisse au Maroc ont modéré la rencontre. Du côté des intervenantes, Malika Youssoufine et Stéphanie Dreifuss, respectivement vice-présidente de la Commission entreprise responsable et citoyenne à la CGEM et directrice partenaires et clients chez Swisscontact, ont présenté l’état des lieux des politiques RSE au Maroc, et expliqué la stratégie RSE de Swisscontact au Maroc. La partie « concept du village modèle », quant à elle, a été animée par MM. Othmane Berrada, Responsable des services agricoles à Nestlé Maroc et Didier Krumm, directeur de Swisscontact Maroc.

Cadre juridique

L’expérience suisse démontre que la RSE est importante aussi bien au niveau national qu’international. En ce sens, M. Morrier a expliqué dans son introduction les défis émergents auxquels se confronte la RSE, citant au passage « la flambée des prix » et « la perturbation des chaînes de valeur ». Ces facteurs sont décisifs parce qu’ils permettent de stimuler l’engagement des entreprises en matière de RSE, et par conséquent de se distinguer les unes des autres. « Compte tenu de l’importance stratégique de la RSE, la Suisse encourage sa mise en œuvre coordonnée au niveau national, mais aussi international. La Suisse se mobilise ainsi pour assurer la cohérence entre les standards RSE adoptés à l’échelle nationale et les instruments utilisés localement », a-t-il expliqué. Les actions menées et la mobilisation de toutes les parties prenantes à ce sujet ont un objectif commun : atteindre les attentes de l’ « Agenda 2030 » que sont l’emploi, la réduction de la pauvreté, la protection du climat, la croissance économique, etc.

La Suisse est épaulée par d’autres gouvernements afin d’établir un cadre juridique dans lequel devraient évoluer les entreprises du secteur privé pour une « meilleure durabilité ». En effet, la Confédération contrôle l’activité des entreprises basées en Suisse et celles d’origine suisse basées à l’étranger afin de s’assurer qu’elles « contribuent au développement à long terme des pays partenaires », à l’instar du Maroc.

Le Maroc a intégré la notion de développement durable dans sa constitution de 2011. De grands groupes marocains ont consenti d’importants efforts pour assurer la conduite du changement, à l’instar du  Groupe OCP qui a œuvré dans ce sens. Le cadre juridique marocain dispose d’une loi portant sur la charte nationale de l’environnement et du développement durable (Loi 99-12). Ainsi,le Maroc a adopté une stratégie nationale de développement durable en 2017, sous l’impulsion du roi Mohammed VI. La dernière feuille de route ordonnée par le souverain – le nouveau modèle de développement – a également donné une place « particulière » à la RSE pour promouvoir sa culture et contribuer au développement du secteur privé.

Etat des lieux marocain

La Confédération générale des entreprises au Maroc (CGEM) compte 900 000 adhérents, dont seulement 108 entreprises labélisées RSE.Pourtant, aucune condition d’éligibilité quant à la taille ou à la cotation en bourse n’est requise. Selon Mme Youssoufine, 32% des entreprises ayant obtenu le Label RSE sont des PME, 30% sont cotées à la Bourse de Casablanca, 30% sont des filiales de multinationales, 40% opèrent dans l’industrie et 60% dans les services. « Un volume faible eu égard au nombre d’adhérents à la CGEM », a-t-elle précisé. Et d’ajouter : « il faut que les entreprises se mobilisent davantage et redoublent d’efforts pour surfer sur la vague de l’engagement RSE ».

Au sein de la CGEM, la notion de RSE  a vu le jour en 2006. Dès lors, une charte RSE a été adoptée puis mise à jour en 2017 en raison de l’évolution des enjeux sociétaux. La RSE figure bel et bien dans la culture entrepreneuriale du Maroc.

Pour réussir son engagement dans une démarche RSE, il faut impérativement  suivre quatre règles selon  Mme Youssoufine. « D’abord, il faut identifier ses enjeux pour mieux cerner les enjeux RSE fondamentaux. Ensuite, dialoguer avec ses parties prenantes pour élaborer les actions afin de mieux agir sur les enjeux RSE. Engager et intégrer toute l’entreprise à la démarche. Et enfin, il faut concentrer ses efforts sur une problématique centrale de son business plutôt que sur une dizaine de problématiques où les efforts seront marginaux. ».

Swisscontact, agir efficacement

La RSE contribue en grande partie au développement des entreprises et garantit une meilleure employabilité de ses ressources. S’engager dans une telle démarche est totalement bénéfique pour les entreprises. Car cerner les enjeux de son environnement et œuvrer à les appréhender à travers des moyens adaptés, permet aux entreprises d’agir efficacement sur leurs pistes d’amélioration. La coopération entre Swisscontact et SCPP Indonésie en est la preuve. En effet, la fondation a noué l’un de ses plus grands partenariats publics/privés au profit de 165 000 agriculteurs dans le domaine du cacao.

« Les résultats de cette coopération sont louables, et les partenaires de la fondation ont vu augmenter leur productivité », a assuré Mme Dreifuss, directrice partenaires et clients chez Swisscontact. Et d’ajouter : « nous intervenons dans plusieurs domaines, et à travers nos actions, nous veillons, entre autres, à réduire la pauvreté et les émissions de gaz à effet de serre, à élever le niveau de productivité de nos partenaires »

Village modèle

Dans le cadre de son engagement sociétal, Nestlé Maroc entreprend des démarches d’ordre social qui permettent aux jeunes d’intégrer le marché de l’emploi. Ces actions permettent aux jeunes demandeurs d’acquérir le savoir-faire idoine selon leurs spécialités respectives,  et offrent la possibilité d’effectuer des stages au sein de la firme. La multinationale s’aligne avec la stratégie du ministère de l’Agriculturequi encourage l’agriculture durable et hisse au premier rang le développement de l’agriculteur local. C’est dans cet esprit qu’elle a lancé « Agripreneurship », un programme interne destiné à aider au développement économique, et à garantir la durabilité de ses partenaires agricoles.

« La ferme Farsi, l’un des fournisseurs de Nestlé Maroc, est passée de 11 à 500 têtes de vaches, dont 160 productrices (entre 2009 et 2022). Egalement, la production laitière a évolué de 300 à 5000 litres. La main-d’œuvre, elle, est passée de 2 à 12 employés – avec plus de 40 ouvriers saisonniers » a expliqué Othmane Berrada, Responsable des services agricoles à Nestlé Maroc

Accompagnement et transformation.

Ainsi, Nestlé Maroc a assisté une coopérative traditionnelle en vue de la transformer en une coopérative professionnelle. Le Groupe l’a accompagnée,notamment à se doter d’équipements de traite et d’autres matériels d’appoint. La première phase étant réussie, la deuxième phase du projet sera conduite par la fondation Swisscontact.

Pour ce qui est du volet formation, M. Krumm a rappelé l’importance d’établir des partenariats avec des vétérinaires et de programmer des formations techniques. Il prône aussi l’idée d’aller dans des étables pour prodiguer des formations de manière à relever les réelles contraintes.Et les interventions de Swisscontact ne se limitent pas aux simples formations et au coaching. « A Swisscontact, on aide les jeunes dans l’élaboration des business plans. Nous accompagnons également les jeunes à réfléchir de façon formelle sur les aspects transversaux qui concernent leur activité », a précisé le directeur de la fondation.

A l’issue du webinaire, les intervenants ont répondu aux questions des participants, parmi lesquelles figuraient les mécanismes de financement des projets agricoles, les limites géographiques qui conditionnent la stratégie d’appui aux coopératives et la prise en compte de la dimension de genre dans l’attribution du Label RSE.

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Juin, 2024

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