Un professeur de l’EPFL pour débattre des géostructures énergétiques

« Les géostructures énergétiques, une énergie renouvelable sous nos pieds ». Tel était le thème de la conférence-débat organisée par l’Association des anciens de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne EPFL Alumni Maroc et la CCSM. Animé par le Professeur Lyesse Laloui, l’événement a vu la présence de S.E Monsieur Guillaume Scheurer, nouvel Ambassadeur de Suisse au Maroc.

Lundi 14 octobre 2019, l’hôtel Hyatt Regency de Casablanca a accueilli une conférence-débat sur le thème
« Les géostructures énergétiques, une énergie renouvelable sous nos pieds ». Organisée par EPFL Alumni Maroc et la CCSM, la conférence a été animée par le Professeur Lyesse Laloui, titulaire de chaire de mécanique des sols, de géo-ingénierie et de stockage de CO2 à l’École d’architecture, de génie civil et environnemental de l’EPFL et directeur de la section de génie civil. L’ingénieur place l’EPFL au cœur de l’innovation dans le domaine de la géotechnique et de l’énergie. Composée de géostructures énergétiques, cette technologie aspire à devenir une actrice majeure pour le développement durable de nos villes et se positionne comme une piste solide pour les énergies renouvelables dans le secteur du bâtiment.

Economique et écologique

La géothermie peut-elle s’imposer comme une technologie de chauffage et de refroidissement alternative, écologique et économique ? Face à un auditoire composé d’une cinquantaine de personnes, c’est à cette question qu’a tenté de répondre le Professeur Lyesse Laloui lors de sa présentation. « Même s’il a nécessité des années de recherche, le fonctionnement des géostructures énergétiques est relativement simple », a-t-il expliqué. En effet cette technologie fonctionne en circuit fermé, ce qui permet à la chaleur accumulée d’être stockée via des pieux énergétiques plantés dans le sol, et c’est cette même chaleur accumulée qui est redistribuée en hiver. L’intégralité de cette technologie est intégrée dans les murs et les fondations du bâtiment et représente une incidence de 0,4 à 0,7 % sur le coût total d’un projet (10 à 15 % du prix du génie civil). De plus, ce dispositif permet de réaliser une économie de 30 CHF/ (m2*an) et est totalement neutre en carbone.

Le potentiel considérable du Royaume

« L’avancée de la Suisse sur cette technologie, associée à la volonté du Maroc en termes d’énergie renouvelable, pourrait aboutir sur une multitude de projets incluant des géostructures énergétiques » s’est enthousiasmé le professeur. En effet, grâce aux investissements majeurs et continus réalisés par le Maroc dans l’éolien et le solaire, il est aujourd’hui leader en Afrique en termes d’énergies renouvelables. Le royaume dispose aussi d’un fort potentiel en termes de géostructures énergétiques et constitue l’un des seuls pays au monde à avoir cartographié ses besoins en énergie. Cette solution à la fois économique et écologique, pouvant être intégrée dans les structures de bâtiments, pourrait être facilement mise en place. En effet, les géostructures énergétiques peuvent être intégrées facilement dans tous types de construction, y compris les ponts et les tunnels. À titre d’exemple, un tunnel énergétique de 500 M peut fournir les besoins en chauffage et refroidissement de 185 appartements.

Témoignages

Je trouve qu’il y a une adéquation entre la qualité du discours et notre capacité à comprendre une thématique très complexe. C’est une technologie qui peut intéresser le Maroc qui est à la pointe de la technologie en termes d’énergie renouvelable. Et je pense que les géostructures énergétiques peuvent ainsi être un appoint supplémentaire à la transition énergétique que le Maroc compte entreprendre. Il y a 300 Marocains étudiants à l’EPFL et un groupe d’Alumni très actif ici au Maroc. Il y a également beaucoup d’entreprises suisses implantées ici qui apportent leurs savoir-faire. Si l’on combine cela avec les capacités et l’énergie marocaine, je pense que nous serons dans une bonne dynamique.

S.E Monsieur Guillaume Scheurer, Ambassadeur de Suisse au Maroc.

Il y a un énorme potentiel ici au Maroc et l’avenir de la géothermie au Maroc dépend des acteurs locaux et des autorités. Mais le potentiel est là, il est énorme, et cette technologie peut même être supérieure à d’autres énergies renouvelables. Cela nécessite quand même un changement de paradigme et la volonté de toutes les parties prenantes.

Professeur. Lyesse Laloui, EPFL, Laboratoire de mécanique des sols, Directeur de la section de Génie civil

Le sujet sur les géostructures énergétiques a pris de l’âge, mais il est toujours d’actualité. Il reste tout de même quelques interrogations pour lesquelles il faudra des réponses si l’on souhaite que cette technologie ait de l’avenir au Maroc.

Nabil Alami, Expert en thermique du Bâtiment, Bureau d’études SAVE Consulting

Événements

Décembre, 2019

Mer4déc - 5déc 40 h 00 mindéc 5Bio Data World Congress 20190 h 00 min - 0 h 00 min (5) Bâle

Ven6déc - 8déc 60 h 00 mindéc 8Morocco Food Expo0 h 00 min - 0 h 00 min (8) Casablanca

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