Entrepreneuriat féminin, une nécessité pour le Maroc !

Webinaire - L’auto-disruption pour mieux conduire le changement

Malgré les politiques publiques et les initiatives privées encourageant les femmes à entreprendre au Maroc, l’entrepreneuriat féminin constitue un levier de croissance encore inexploité, notamment à cause des difficultés d’accès au financement. Dans ce cadre, la Chambre de Commerce Suisse au Maroc (CCSM) a organisé le 26 mars dernier un webinaire sous le thème : « Inclusion financière : Quel accès des femmes au financement ? ».

Forte du succès de ses précédents rendez-vous virtuels, la CCSM maintient sa mission d’accompagnement et d’incitation au débat et à la réflexion auprès de la communauté économique en organisant son deuxième webinaire de l’année. Ainsi, le 26 mars dernier, près d’une centaine de personnes ont suivi cette rencontre animée par Christophe de Figueiredo, Président de la Chambre de Commerce Suisse au Maroc. L’événement a connu la participation de Leïla Doukali, Présidente de l’Association des Femmes Chefs d’Entreprises au Maroc (AFEM), Ghita Hannane, Morocco Country Officer à International Finance Corporation (IFC), et Khalid Benalla, DGA en charge de la banque des particuliers et professionnels au CIH. Des intervenants qui ont tous souligné l’importance de la contribution de la femme au développement économique et social du Royaume.

De l’appétence pour entreprendre

La promotion de l’entrepreneuriat constitue un levier de croissance inclusive au Maroc. Cela passe nécessairement par l’implication effective de la femme dans le processus de prise de décision et de création de valeur ajoutée en vue de son émancipation et son autonomie financière. Selon une récente étude du cabinet Deloitte, 34% de femmes au Maroc souhaitent créer leur propre entreprise contre 17% en France par exemple.« Ce chiffre prometteur doit encourager les acteurs économiques à se mobiliser et à accompagner les femmes désireuses d’entreprendre afin qu’elles réussissent dans leurs projets respectifs. C’est le cas notamment des banques qui devraient se diriger davantage vers les entreprises gérées par les femmes, compte tenu du fait que ces dernières sont généralement plus solvables et rigoureuses en matière de remboursement de dettes », indique Leïla Doukali, Présidente de l’Association des Femmes Chefs d’Entreprises au Maroc (AFEM).

Pour l’intervenante, l’un des freins à la création des entreprises par la femme marocaine est l’accès au financement. Pour pallier ce problème, la Présidente de l’AFEM a mis en avant l’initiative ‘Gender Bounds’, initiée par l’Autorité marocaine des marchés de capitaux (AMMC), et dont l’objectif est de soutenir l’autonomisation des femmes et l’égalité hommes-femmes à travers le financement d’activités contribuant à ces objectifs, ou encore le ‘Crowdfunding’*. « Le Maroc vient de se doter d’un cadre juridique adéquat pour règlementer ce type de financement, avec la participation active de financeurs potentiels aux projets de développement du pays via un mécanisme de financement simple et sécurisé. Il faut également rappeler la mise en place du programme ‘Intilaka’ pour l’appui et le financement des entreprises marocaines », assure Leïla Doukali.

Le rôle des banques

Bien que les offres de financement et programmes d’aide à la création d’entreprise sont nombreuses, leur utilisation par les femmes reste faible. Ghita Hannane, Morocco Country Officer à International Finance Corporation (IFC) affirme qu’avec la transformation digitale et le poids des responsabilités familiales, les banques se doivent de s’adapter aux besoins de la gent féminine.« Pour accompagner le développement de la femme entrepreneure, IFC a développé en collaboration avec une banque de la place, un ensemble de formations en matière de techniques managériales, comptabilité…L’accompagnement et le mentorat sont les piliers du développement de l’entrepreneuriat féminin », indique l’intervenante. Une étude a été également menée par l’IFC au Maroc sur les marchés bancaires féminins personnels et professionnels. Elle a visé à déterminer l’opportunité business et identifier les différents besoins spécifiques du segment.

Pour sa part, Khalid Benalla, DGA en charge de la banque des particuliers et professionnels au CIH, indique que les acteurs financiers dont le CIH, déploient d’énormes efforts pour concevoir et offrir de nouveaux services financiers orientés client et personnalisés pour les besoins des femmes. « Le CIH participe pleinement aux programmes d’appui et de financement aux jeunes porteurs de projet et aux petites entreprises, notamment celles créées par des femmes. En tant qu’organisme bancaire, le CIH est là pour accompagner et conseiller les femmes entrepreneures. Je tiens également à rappeler qu’il n’existe aucune différence entre une femme et un homme dans le traitement d’un dossier d’accès à un financement. Nous nous focalisons surtout sur le business plan et ce que peut apporter le projet pour le tissu économique marocain », précise Khalid Benalla.

Les femmes ambitieuses, audacieuses, indépendantes, et qui souhaitent pleinement contribuer au développement économique du Maroc, sont nombreuses. Il est temps pour les acteurs économiques de participer davantage à cet esprit d’initiative féminin, si nécessaire à l’évolution de notre pays et de notre société.

*Action qui contribue à mobiliser de nouvelles sources de financement au profit des très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) et des jeunes porteurs de projets innovants.

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