Pour une coopération durable en matière de transport

Dans le cadre de la visite au Maroc de Switzerland Global et du mémorandum d’entente signé entre le Maroc et la Suisse en septembre 2019, la Chambre de Commerce Suisse au Maroc (CCSM) a organisé, le 26 février dernier, une conférence-débat sur le thème : « Quelle coopération Maroc-Suisse dans le secteur du Transport ». La rencontre qui a eu lieu à l’hôtel Mövenpick de Casablanca, a connu la présence effective de son Excellence l’Ambassadeur de Suisse au Maroc, M. Guillaume Scheurer, et du Président de la CCSM, M. Sami Zerelli.

« Quelques mois seulement après la signature d’un mémorandum d’entente entre les deux pays portant sur le développement du transport routier et ferroviaire dans le Royaume, la Suisse est plus que jamais déterminée à renforcer ses relations bilatérales avec le Maroc dans le domaine du transport ». C’est en ces termes que Sami Zerelli, Président de la CCSM, s’est exprimé lors de la présentation de la conférence-débat sur le thème : « Quelle coopération Maroc-Suisse dans le secteur du Transport », organisée le 26 février dernier à l’hôtel Mövenpick de Casablanca. Et de rappeler à l’assistance composée de plusieurs acteurs du secteur, la mission de la CCSM : « en tant que Chambre de Commerce, notre rôle est d’identifier les opportunités économiques et d’associer la communauté d’affaires aux accords inter-gouvernementaux qui sont signés ».

Pour sa part, son Excellence M. Guillaume Scheurer, Ambassadeur de Suisse au Maroc, a indiqué que « les deux nations entretiennent d’excellentes relations et ont une volonté commune d’aller de l’avant dans divers secteurs, notamment dans le secteur du transport et de la logistique. Avant d’ajouter : « la Suisse dispose d’une énorme expérience dans la planification et la construction de grandes infrastructures en matière de transport. Au regard de cette expertise et des ambitions du Maroc en la matière, il est tout à fait normal d’intensifier cette coopération ».

Après cette brève introduction, la conférence a été marquée par l’intervention de plusieurs personnalités. Tour à tour, des représentants du Ministère de l’Equipement, du Transport, de la Logistique et de l’Eau, de la Société Autoroutes du Maroc, de l’Office National des Chemins de Fer, et de Switzerland Global Enterprise, se sont succédé à la tribune pour présenter leurs feuilles de route.

Une stratégie et des orientations claires

Lors de son intervention, Ahmed Imzel, Directeur des Routes au sein du Ministère de l’Equipement, du Transport, de la Logistique et de l’Eau, a souligné le rôle primordial que joue son entité en termes d’études et de construction des routes au niveau national. « Le secteur routier a connu ces dernières années une progression impressionnante. De par sa flexibilité, il reste le plus utilisé par les usagers. Au Maroc, la route assure environ 90% de la mobilité des voyageurs, et 75% en termes de transport des marchandises hors phosphate », a précisé l’intervenant. M. Imzel a ensuite présenté la stratégie et les orientations du Maroc en matière de transport routier. Une stratégie qui vise notamment « à garantir un niveau de service adéquat aux usagers de la route, à sauvegarder et valoriser le patrimoine routier, ainsi qu’à moderniser le réseau routier afin de soutenir le développement économique et social du pays ».

Noureddine Dib, Directeur du Transport Routier et de la Sécurité Routière, lui, est revenu sur les contours de l’accord signé entre la Suisse et le Maroc qui prévoit notamment une assistance technique pour les études et les travaux, la planification, le financement des grandes infrastructures, la mobilité durable, et la gestion et maintenance du réseau routier et ferroviaire. « A travers cette rencontre, nous sollicitons nos homologues suisses pour nous accompagner dans la mise en place de projets en termes d’assistance technique, de renforcement de compétences, d’accompagnement technique, pour se mettre à niveau par rapport aux réglementations en vigueur, ainsi que pour la mise en place d’un système de contrôle des véhicules transportant des matières périssables », a souligné l’intervenant.

Côté sécurité routière, Noureddine Dib a insisté sur le fléau que sont les accidents de la circulation qui continuent de décimer quotidiennement les vies des citoyens. Dans ce cadre, certaines mesures ont été mises en place pour renforcer l’arsenal du contrôle routier et de répression. Un dispositif qui a pour objectif de limiter les comportements irresponsables ​et accompagner ces efforts par des actions de sensibilisation, de communication, et la mise à niveau des infrastructures et de secours aux victimes des accidents de la route.

Pilier indispensable du développement économique, les infrastructures autoroutières ont largement contribué à l’essor du Maroc durant les 20 dernières années. Mohamed Chouh, Directeur du Développement des Autoroutes du Maroc (ADM), a rappelé que le Maroc avait un réseau conséquent de 1800 km qui en fait le premier réseau autoroutier d’Afrique du Nord et que 6 Marocains sur 10 sont directement connectés à l’autoroute. Des projets sont en cours, notamment dans la région de Casablanca avec la construction d’une liaison Tit Mellil- Berrechid via l’aéroport Mohammed V. Son montant : 1,8 milliard de dirhams.

Le ferroviaire, colonne vertébrale de la mobilité durable

Dans la suite des interventions, le représentant de l’ONCF M. Said Chandid, Directeur de la Stratégie et de la Communication, a souligné que le ferroviaire est le moyen qui répond le mieux à nos attentes en matière de mobilité durable. Il assure la sécurité, la préservation de l’environnement et l’économie d’énergie. C’est pourquoi « l’ONCF continue chaque année d’investir entre 5 et 7 milliards de dirhams dans la modernisation du réseau existant pour pouvoir augmenter sa capacité et sa robustesse », insiste M. Chandid. Cette orientation stratégique a été accompagnée par la réalisation de la première ligne à grande vitesse reliant la capitale économique à Tanger. Pour sa première année d’exploitation, le Boraq a transporté plus de 3 millions de voyageurs avec un taux de satisfaction de 98%.

Par ailleurs, l’intervenant a indiqué que l’ONCF a mis en place une stratégie qui vise à développer une mobilité durable, la valorisation du capital matériel et immatériel, le développement de la performance interne, et la création d’un écosystème ferroviaire.

Le savoir-faire suisse

Dotée d’une expertise et d’un savoir-faire reconnus dans le monde, la Suisse compte bien faire profiter le Maroc de son expérience dans le domaine du transport. « Nous sommes heureux de constater que le Maroc a enregistré des avancées notables, et ce dans plusieurs domaines. Nous sommes donc fiers de mettre nos expériences à la disposition du Maroc pour des relations bilatérales abouties », a déclaré Stefan Barny, Directeur Global Network du Switzerland Global Enterprise (S-GE). Rappelons que le réseau S-GE dispose d’antennes officielles dans 28 pays. Il est notamment chargé de la promotion des exportations, et d’offrir un soutien aux PME.

« L’objectif de ma présentation est d’encourager les Suisses à venir au Maroc et de contribuer à la mise à niveau du secteur du transport. Dans le segment du transport international de marchandises, une seule entreprise suisse opère au Maroc. C’est un marché qui est appelé à évoluer de plus en plus, avec des vitesses de croissance qui peuvent atteindre deux chiffres chaque année. Nous espérons à travers l’accord signé entre la Suisse et le Maroc que les choses vont s’accélérer dans le bon sens ».

Noureddine Dib, Directeur du Transport Routier et de la Sécurité Routière

« Le Maroc a mis en place une stratégie déployable qui répond favorablement aux besoins des différentes parties prenantes. Pour cela, l’ONCF a pris en considération le développement d’une mobilité durable tenant compte du volet économique, environnemental et sociétal ».

Saïd Chandid, Directeur de la Stratégie et de la Communication – ONCF

« L’économie marocaine est en pleine croissance. Les réformes entreprises placent le pays sur le droit chemin. Ces conditions créent des opportunités commerciales intéressantes pour les entreprises suisses. L’objet de notre voyage d’affaires au Maroc est de cerner de près ces évolutions, et de voir dans quelles mesures on pourra développer les relations bilatérales entre la Suisse et le Maroc ».

Suhail El Obeid, Consultant Senior Afrique & Moyen-Orient – S-GE

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