Swisseco n° 46 – 3 questions à… Abdelilah Mourid, Président de la Commission Talents, Formation & Mentoring de la CCSM

3 questions à… M. M. Abdelilah Mourid, Président de la Commission Talents, Formation & Mentoring de la CCSM
Dans ce numéro consacré à la transmission et au mentoring, SWISSECO donne la parole à Abdelilah Mourid, Président de la Commission Talents, Formation & Mentoring, qui pilote le déploiement de CCSM Next Leaders. Objectif : mieux comprendre le fonctionnement de ce nouveau programme de mentorat, l’engagement attendu des membres de la Chambre et les premiers marqueurs de réussite.
Le programme CCSM Next Leaders prend forme. Pouvez-vous nous en décrire le fonctionnement concret et nous dire où en est son déploiement ?
CCSM Next Leaders s’adresse aux étudiants marocains en fin de cycle, issus de grandes écoles marocaines et suisses : ingénieurs, managers, juristes ou économistes. Des profils souvent très bien formés académiquement, mais qui n’ont pas encore accès aux codes, aux réseaux et aux arbitrages concrets du monde de l’entreprise.
Le programme repose sur une relation de mentorat individuelle de six à douze mois entre un professionnel confirmé, membre de la CCSM, et un étudiant sélectionné avec les établissements partenaires. Le format est volontairement simple : au minimum une séance structurée par mois, en présentiel ou à distance, complétée par un carnet de suivi ainsi qu’un bilan à mi-parcours et un bilan final.
Nous sommes aujourd’hui dans une phase de fondation. La Commission, lancée officiellement en juillet, finalise les outils du programme et prépare les premiers partenariats avec les écoles. L’objectif est de lancer un premier cycle pilote d’une dizaine de binômes mentor-mentoré d’ici fin mars, afin de tester et d’affiner le dispositif avant sa montée en charge.
Qu’attend-on concrètement d’un membre de la CCSM qui souhaite devenir mentor ?
Nous ne demandons pas aux membres de la CCSM de devenir formateurs, ni de consacrer un temps dont ils ne disposent pas. Ce que nous leur demandons, c’est une heure par mois et une posture.
Une heure pour écouter, partager, questionner. Non pas pour résoudre les problèmes du mentoré à sa place, mais pour lui offrir ce que les études seules ne peuvent pas toujours apporter : le recul d’un professionnel qui a traversé des situations réelles, pris des décisions et construit une trajectoire.
« Le mentorat peut offrir aux professionnels un regard neuf sur leur propre parcours et sur les attentes d’une nouvelle génération. »
La posture est tout aussi importante. Un bon mentor n’impose pas sa vision : il pose les bonnes questions, partage honnêtement ses succès comme ses difficultés, et permet au mentoré de construire ses propres réponses.
L’intérêt est également réciproque. Le mentorat peut offrir aux professionnels un regard neuf sur leur propre parcours et sur les attentes d’une nouvelle génération. Pour les entreprises membres, c’est aussi une manière de transmettre leur culture professionnelle et d’investir durablement dans l’écosystème dans lequel elles évoluent.
Dans un an, à quoi ressemblera un programme CCSM Next Leaders réussi ?
D’abord à des histoires concrètes : un étudiant qui ose saisir une opportunité qu’il n’aurait pas envisagée seul, un autre qui affine ou réoriente son projet professionnel, ou encore un mentor qui souhaite poursuivre l’expérience parce qu’elle lui a apporté autant qu’au mentoré.
Nous suivrons également trois indicateurs : le taux de complétion des parcours, la demande spontanée de nouveaux mentors ou d’établissements souhaitant rejoindre le programme et, à terme, la capacité des entreprises membres à recruter d’anciens mentorés. Quand le programme crée de la valeur suffisamment tangible pour que l’entreprise formatrice devienne aussi employeur, la boucle est bouclée.
La réussite reposera sur la qualité de la sélection, la pertinence des binômes et la rigueur du suivi par la Commission. Nous ne cherchons pas d’abord le volume : nous voulons construire une référence.