Swisseco n° 41 – 3 questions à… Mme Françoise Salamé Guex, Cheffe de Coopération et Développement Économiques à l’Ambassade de Suisse au Maroc

Mme Françoise Salamé Guex, Cheffe de Coopération et Développement Économiques à l’Ambassade de Suisse au Maroc
3 questions à… Mme Françoise Salamé Guex, Cheffe de Coopération et Développement Économiques à l’Ambassade de Suisse au Maroc
À travers le nouveau programme de coopération internationale 2025–2028, la Suisse réaffirme son engagement aux côtés du Maroc, en faisant du Royaume un pays prioritaire. Objectif : renforcer la compétitivité, favoriser l’emploi et accompagner les dynamiques durables du tissu économique national. Dans ce numéro, Mme Françoise Salamé Guex, Cheffe de coopération et développement économiques à l’Ambassade de Suisse au Maroc, revient sur les grandes lignes de cette stratégie, les priorités sectorielles et les opportunités qui s’offrent aux entreprises marocaines et suisses.
SWISSECO : Le Maroc est identifié comme pays prioritaire par la Suisse, dans le cadre du nouveau programme de coopération internationale 2025‑2028 et conformément à la nouvelle stratégie suisse de coopération adoptée par le Conseil fédéral. Quelle importance revêt ce statut et quels sont les principaux secteurs qu’il adresse ?
Karim Belhassan : L’entrée en vigueur du MACF représente une transformation majeure du paysage commercial international, avec des répercussions directes pour les entreprises marocaines. Mais au-delà des contraintes, il s’agit pour notre pays d’une véritable opportunité d’accélérer la transition vers une économie durable et décarbonée.
Face à cette urgence, la BMCI agit à plusieurs niveaux : nous accompagnons nos clients, notamment industriels et exportateurs, en les sensibilisant aux enjeux réglementaires et en les incitant à réaliser des audits de certification. Nous les encourageons également à s’appuyer sur des expertises techniques à travers les dispositifs d’assistance mis à disposition par les institutions publiques ou internationales.
Notre démarche va au-delà de la simple décarbonation des process : nous cherchons à structurer des chaînes d’approvisionnement plus courtes, résilientes et durables. L’objectif est clair : financer un écosystème dans son ensemble plutôt qu’un acteur isolé, en créant les conditions d’un changement cohérent, systémique et pérenne.
SWISSECO : Les entreprises, en particulier les PME, rencontrent souvent des obstacles pour accéder à des financements adaptés à leurs besoins de croissance ou de modernisation. Quels leviers ou dispositifs spécifiques la BMCI met-elle à disposition pour soutenir davantage l’écosystème entrepreneurial, y compris les membres de la Chambre de Commerce Suisse au Maroc ?
Françoise Salamé Guex : Le choix du Maroc comme pays prioritaire par la Suisse, dans le cadre du programme de coopération 2025–2028, reflète l’importance stratégique du Maroc, reconnu pour sa stabilité politique et sa position géographique entre l’Afrique et l’Europe. Ce partenariat vise à accompagner les réformes engagées par les autorités marocaines pour bâtir une économie compétitive, inclusive et durable en s’articulant autour de deux piliers : la compétitivité et l’emploi. Le programme suisse soutient notamment l’amélioration du climat d’investissement, la formation orientée vers les besoins du marché, la promotion des chaînes de valeurs durables et l’accès au financement des PME. Il cible en priorité les secteurs du textile et du tourisme durable, tout en renforçant les capacités du secteur privé et en favorisant la création d’emplois.
« Ce partenariat vise à accompagner les réformes engagées par les autorités marocaines pour bâtir une économie compétitive, inclusive et durable… »
SWISSECO : Ce nouveau programme insiste sur le rôle du secteur privé et des partenariats publics-privés. Comment la coopération suisse prévoit-elle d’intégrer les entreprises dans la mise en œuvre des projets, en particulier les entreprises suisses déjà actives au Maroc ?
Françoise Salamé Guex : Le programme de coopération Suisse-Maroc 2025–2028 accorde une place centrale au secteur privé. Il prévoit un accompagnement ciblé pour les entreprises marocaines et les organisations faîtières, en particulier dans les secteurs du textile et du tourisme, afin de renforcer leur compétitivité et leur potentiel d’exportation. Parallèlement, les partenariats et les échanges d’expertise avec les acteurs suisses seront activement encouragés.
Le programme de coopération Suisse-Maroc 2025–2028 profitera indirectement aux entreprises suisses déjà implantées dans le pays, en créant un environnement plus favorable à l’investissement. L’amélioration du climat des affaires et l’élargissement de l’accès au financement pour les PME, soutenus par une collaboration étroite avec Bank Al-Maghrib et le ministère de l’Économie et des Finances (MEF), visent à mobiliser davantage de capitaux privés. Ces conditions-cadres renforcées bénéficieront à l’ensemble des acteurs économiques au Maroc, et en particulier aux entreprises suisses engagées dans le tissu productif marocain.
SWISSECO : Cette coopération vise aussi à renforcer la compétitivité du tissu économique tout en prenant en compte les enjeux de durabilité. Quelles retombées concrètes pourraient en découler, notamment dans les secteurs de la formation, de l’innovation ou encore du tourisme durable ?
Françoise Salamé Guex : La coopération Suisse-Maroc 2025–2028 devrait générer des retombées concrètes dans plusieurs domaines clés. Dans la formation, elle favorisera l’adéquation entre les compétences et les besoins du marché marocain, en soutenant des programmes de formation axés sur l’employabilité des jeunes et des femmes. En matière d’innovation, elle encouragera la digitalisation des PME et le développement de solutions durables, notamment au sein des chaînes de production et des zones industrielles. Enfin, dans le secteur du tourisme durable, le programme contribuera à structurer des offres touristiques responsables — escalade, randonnées, circuits à vélo etc. — valorisant les ressources locales et respectueuses de l’environnement. Ces avancées renforceront la compétitivité du tissu économique marocain tout en consolidant les bases d’une croissance inclusive et résiliente.